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Au bistrot

 

Mises au second plan parfois, invisibilisées souvent, tant de fois écrasées par la supériorité déclarée des hommes. Réduites au rôle de meuble, de faire-valoir, utilitaires ou décoratives, tantôt salies, au mieux ignorées, brisées aussi.

Autour d'elles, ils se sont pressés, rassemblés, une cuisse glissée dessous. Supports de leurs jeux, ils les ont tachées sans retenue.

Comprenons donc leur silence lourd, leur teint de marbre, et pour tous ces outrages qu'elles auront subi, laissons un instant glisser nos caresses tendres sur le corps lisse de ces belles, et fières, tables de bistrot.

 

 


Les Coquelicots

 

Ces coquelicots, ce sont ces choses rouges qui débarquent dans l'intimité féminine et qui valent tant de désagréments, de dépréciations, d'humiliations aux femmes, sans parler des souffrances qu'elles peuvent engendrer. L'impureté, ou la souillure, se trouve bien dans l'infériorité intellectuelle de l'homme qui, depuis au moins deux millénaires, rabaisse sa semblable à cause d'un phénomène aussi courant que naturel, histoire de lui mettre là, ou ailleurs, la démonstration de son arrogance et de sa domination, comme un argument indiscutable. Le con, si je puis dire.

Alors ici, les Coquelicots, on les aperçoit, discrètement, et ça n'est pas sale. On les voit car ils existent. On les voit parce qu'ils sont naturels, normaux, évidents et non problématiques.