Adepte du Wabi-Sabi, cette philosophie d'origine japonaise qui consiste à accepter et à reconnaître la beauté dans l'imperfection des choses qui nous entourent, je crée des images du temps présent de façon qu'elles paraissent surgir d'une autre époque. Le terme « wabi » évoque la simplicité, la solitude, le rustique et l'élégance à la fois, celui de « sabi » la beauté qui a vécu, la mise en valeur de l'âge et de l'usure, la patine.

 

Une touche un peu destroy, des rayures aléatoires, du grain, des défauts, des taches inattendues, un ton suranné, mes images ressemblent à des photographies d'un ancien temps, bien qu'elles soient d'aujourd'hui. Je cherche à parler du temps, celui qui passe, celui qui reste, ces choses et ces vivants qui le traversent. Il s'agit de solliciter le lecteur, ou le spectateur, à propos de sa propre place, de lui proposer de s'interroger sur sa présence passagère face à la durabilité des choses.

 

En adoptant de vieux appareils photos argentiques et en utilisant des pellicules noir & blanc périmées, je m'insinue dans le questionnement même de ma démarche : dépositaire de ce matériel, je me destine à lui prolonger l'emploi, à lui chercher le défaut et à en créer de supplémentaires, dans le but de me rapprocher délicieusement de l'imparfait.

 

 

 

Il y a cette représentation de la réalité, il y a aussi la représentation de l'image elle-même. Dans l'idée de rester fidèle à cette philosophie du Wabi-Sabi, j'ai opté pour une sobriété paisible dans mes tirages photographiques. Tirées sur papier washi, ce papier conçu à partir de fibres naturelles d'Asie, puis contrecollées sur carton entoilés, toutes les photographies sont fixées sur des plaques de bois anthracites, d'une élégance simple et modeste.

La photographie devient un objet contrasté, tant par cette complémentarité du noir et du blanc, du clair et du sombre, que par l'opposition de ces images semblant être altérées par le temps et leur support moderne et parfaitement neuf.

Cette présentation minimaliste, à l'esthétique simple, ne tend qu'à être elle-même façonnée par le temps.

 


 

Egalement très attiré par la peinture, j'offre à mes monochromies la possibilité d'une certaine modernité, du contraste et un optimisme parfois inverse à mes photographies. Les taches, les coulures et les glacis sont des artifices plastiques que j'utilise pour rappeler les imperfections que je cherche à créer dans mes photographies.

Ce procédé double, la photographie et la peinture, me permet de m'exprimer artistiquement de façon plus approfondie et sans entrave.


Récits, poèmes, textes de chansons, romans ou autres éditos, l'écriture est une expression artistique qui m'est essentielle depuis l'adolescence. J'ai entretenu mon imagination par des doses quotidiennes de 7ème Art puisque j'ai été projectionniste de cinéma pendant vingt ans, ce qui fait dire à certains de mes lecteurs que mon style est parfois très cinématographique.

 

« Croisée au hasard des rencontres sur le net, l'écriture de Franz Alias est tout sauf poussiéreuse. Elle se construit simplement et résonne comme les paroles d'une chanson. C'est d'ailleurs sur ce terrain là que cet auteur a retenu notre attention. » (François Christophe, OhOui Webmagazine)